Page:Brunet - Le mariage blanc d'Armandine, contes, 1943.djvu/192

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ce qu’il disait. Son ton, ses yeux, ses silences, le geste brusquement arrêté :

— Tu comprends ?

me faisaient voir une scène que je vais tenter de reproduire, en la complétant.

Ce soir-là, monsieur Godin, qui, pour une fois, avait congé, cherchait un mouchoir dans un des tiroirs du buffet où par incurie sa femme les plaçait.

— Je trouve pas de mouchoir.

— T’as qu’à regarder dans la commode.

Quand un malheur doit arriver, il y a toujours des signes anormaux qui l’annoncent. Madame Godin ne permettait jamais à son mari de fouiller dans les tiroirs. Monsieur Godin avait son tiroir, bondé de ses frusques, c’était assez.

Il ne connaissait donc pas le contenu du tiroir qu’il examina d’abord. Il le bouleversa, le mit sans dessus dessous, énervé, et son énervement ajoutait encore au désordre. Enfin, entre deux jupons, il met la main sur une photo, qu’il regarde distraitement et remet en place. Continuant à chercher, il trouve son mouchoir, un mouchoir déchiré, comme tous ceux qu’on lui laissait. Il referme le tiroir, puis, tout à