Page:Brunet - Le mariage blanc d'Armandine, contes, 1943.djvu/92

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En quittant la maison, le curé ne put que dire :

— Je vous assure, mademoiselle Baudet, que Gustave fait pitié ... Je reviendrai ce soir, j’essaierai quelque chose.

Lorsqu’il revint, ce fut trop tard. La porte de la maison, à son ahurissement, était grande ouverte. Tout à l’heure, l’après-midi, elle était fermée, comme une porte de prison. Un drame, un mélodrame s’annonçait.

Il trouva mademoiselle Baudet effondrée dans son fauteuil, se tenant la poitrine à deux mains.

— Mon cœur ! mon cœur ! monsieur le curé.

Il s’approcha. Elle haletait, elle suait à grosses gouttes, des gouttes qui, sur ses rides profondes se mêlaient à la crasse. Cette petite vieille recroquevillée dans un tas de guenilles invraisemblables vous donnait le haut-le-cœur. Autour d’elle, sur le parquet recouvert d’un lambeau de tapis, sur les murs à lézardes, avec leurs gravures accrochées de guingois, où le verre manquait, de la poussière, une sorte de poudre s’amassait, une poudre presque organique. La coquille brisée et sale d’une vieille sale et triste. Et, dans le remugle de renfermé,