Page:Bruno Destrée - Les Préraphaélites, 1894.djvu/20

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spécial qui détermina la fondation de la Confrérie préraphaélite. Nous crûmes trouver dans ces fresques cette absence de corruption, de vanité et de maladie que nous désirions. Il n’y avait là tout au moins nulle trace de décadence, de convention ou d’arrogance et l’esprit tout entier de cet art était, comme le dit plus tard Ruskin, éternellement et inaltérablement vrai. Ni alors ni plus tard nous n’affirmâmes toutefois qu’il n’y avait pas eu d’art bon et bien portant après Raphaël, mais il nous parut que l’art avait été dans la suite si souvent corrompu, que c’était seulement dans les œuvres primitives que nous pouvions trouver en toute assurance une santé parfaite. »

Leur chemin trouvé, les trois artistes résolurent de travailler maintenant d’après les modèles qu’ils s’étaient choisis, d’après des principes qu’ils croyaient avoir été suivis par les peintres qu’ils se donnaient comme exemple, et qui furent exposés quelque temps après dans le Germ, un journal qu’ils fondèrent pour défendre leurs croyances artistiques, et qui n’eut que quelques numéros. En attendant, ils résolurent de former une association et de signer leurs tableaux des trois lettres P. R. B., « Confrérie préraphaélite », nom qu’ils avaient donné à leur association, en raison de leur entente fraternelle et de l’affection qu’ils avaient tous trois pour les œuvres des peintres qui avaient précédé Raphaël, comme aussi parce que ce nom de préraphaélite avait été souvent usité comme terme de mépris, par les peintres alors à la mode, contre les tendances artistiques desquels Rossetti, Millais et Hunt voulaient réagir.

Voilà donc le groupe formé ; voyons maintenant sur quels principes se basaient ces novateurs. Dans un chapitre de son

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