Page:Buffault - Étude sur la côte et les dunes du Médoc.djvu/213

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bitat se réduit à peu près aux grandes lèdes de la partie orientale des dunes. On trouve aussi, mais en très petit nombre, la bruyère commune (calluna vulgaris).

Dans toute la région, sauf sur les bords mêmes de l’océan, abonde le ciste à feuilles de sauge (cistus salviæfolius), qui forme en mai ou juin de jolies corbeilles de fleurs blanches à cœur d’or. C’est le seul ciste des dunes. Sont très répandus aussi le genêt d’Angleterre (genista anglica), minuscule arbrisseau épineux, et le saule rampant (salix repens), avec sa variété argentée (s. argentea Sm.) ; ils viennent jusque dans les lèdes littorales entre la plage et les premiers pins et y forment souvent des buissons hauts de 0m35 à peine, très denses, continus, qui immobilisent complètement les sables.

Le saule marceau (salix caprea), appelé saudine dans le pays, n’existe que par pieds isolés, peu nombreux.

Les ronces (rubus fructicosus) sont rares, sauf à Soulac.

On rencontre abondants à Soulac et rares dans le reste des dunes : le daphné garou (daphne gnidium) ou saint-bois, les chèvrefeuilles des bois et commun (loniceræ periclymenum et caprifolium), et le lierre (hedera helix) ; enfin, exclusivement à Soulac : le troëne commun (ligustrum vulgare) qui forme, en forêt, par places, des fourrés impénétrables, le cornouiller sanguin (cornus sanguinea), l’épine noire (prunus spinosa), l'aubépine monogyne (cratægus monogyna), et le nerprun alaterne (rhamnuns alaternus), ces quatre espèces par pieds isolés peu nombreux ; enfin, seulement dans la zone littorale, le raisin de mer (ephedra vulgaris), qui y forme par places d’épais tapis.

Au Mont de Carcans, dune ancienne, croît spontanément l'arbousier commun (arbutus unedo). Les sujets de l’espèce qu’on rencontre dans les dunes modernes d’Hourtin (aux Phares, à Balbise, à Grandmont) et à Soulac, n’y sont que subspontanés, ayant été récemment apportés par l’homme. Ils y végètent encore plus lentement que ne le comporte le tempérament de l’espèce, à cause de l’extrême pauvreté du sol, et sont de reprise très difficile par plantation. Ils ne paraissent pas se reproduire par semences. Avec les fruits, appelés arbouses, on fait une confiture assez bonne, pourvu qu’elle soit très sucrée. Le houx (ilex aquifolium) et le fragon ou petit houx (ruscus aculeatus) se rencontrent dans les Monts d’Hourtin et de Carcans et à Soulac, ainsi que la bourdaine (frangula vulgaris) que les Oiseaux commencent à propager un peu de côtés et d’autres et jusque sous les grands pins de la forêt d’Hourtin.


Arbres. — L’arbre par excellence de la flore spontanée des dunes est le pin maritime (pinus pinaster, Soland ou maritima, Lam.) Nommons-le ici seulement pour mémoire, car il mérite une étude spéciale que nous ferons plus loin. C’est l’unique résineux des dunes, presque l’unique arbre, les grands feuillus y étant rares.

De ces derniers, les plus répandus sont les chênes et parmi ceux-ci