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THÉORIE DE LA TERRE.

plus hautes mers sont plus voisines de l’équateur que des pôles, et il résulte de cette observation que les plus grandes inégalités du globe se trouvent dans les climats méridionaux. Ces irrégularités qui se trouvent à la surface du globe, sont la cause d’une infinité d’effets ordinaires et extraordinaires ; par exemple, entre les

    du Thibet et de la Tartarie. Ces montagnes offrent, de chaque côté, des saisons différentes : à l’ouest on a six mois de pluie, tandis qu’on jouit à l’est du plus beau soleil.

    Toutes les montagnes de Suisse, c’est-à-dire celles de la Vallésie et des Grisons, celles de la Savoie, du Piémont, et du Tyrol, forment une chaîne qui s’étend du nord au sud jusqu’à la Méditerranée. Le mont Pilate, situé dans le canton de Lucerne, à peu près dans le centre de la Suisse, forme une chaîne d’environ quatorze lieues qui s’étend du nord au sud jusque dans le canton de Berne.

    On peut donc dire qu’en général les plus grandes éminences du globe sont disposées du nord au sud, et que celles qui courent dans d’autres direction ne doivent être regardées que comme des branches collatérales de ces premières montagnes ; et c’est en partie par cette disposition de montagnes primitives, que toutes les pointes des continents se présentent dans la direction du nord au sud, comme on le voit à la pointe de l’Afrique, à celle de l’Amérique, à celle de Californie, à celle de Groenland, au cap Comorin, à Sumatra, à la Nouvelle-Hollande, etc. ; ce qui paroît indiquer, comme nous l’avons déjà dit, que toutes les eaux sont venues en plus grande quantité du pôle austral que du pôle boréal.

    Si l’on consulte une nouvelle mappemonde, dans laquelle on a représenté autour du pôle arctique toutes les terres des quatre parties du monde, à l’exception d’une pointe de l’Amérique, et autour du pôle antarctique, toutes les mers et le peu de terres qui composent l’hémisphère pris dans ce sens, on reconnoîtra évidemment qu’il y a eu beaucoup plus de bouleversements dans ce second hémisphère que dans le premier, et que la quantité des eaux y a toujours été et y est encore bien plus considérable que dans notre hémisphère. Tout concourt donc à prouver que les plus grandes inégalités du globe se trouvent dans les parties méridionales, et que la direction la plus générale des montagnes primitives est du nord au sud plutôt que d’orient en occident dans toute l’étendue de la surface du globe. (Add. Buff.)