Page:Buies - Anglicismes et canadianismes, 1888.djvu/64

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pas, à coup sûr, c’est Musin, Il aimera mieux aller chez les Patagons, essayer de son souple archet. Nos frères de la Patagonie, au moins, n’ont pas de journaux qui cassent le nez des gens avec des comptes rendus aussi ineptes que celui que je viens de citer. Et il y en a comme cela des vingtaines ! On n’a qu’à faire son choix dans la masse des journaux quotidiens. Quand ça n’est pas la bêtise, c’est le lieu commun, c’est la banalité la plus plate qui font subir aux artistes l’épreuve du compte rendu, charpenté par des manœuvres qui s’imaginent tenir une plume quand c’est un pilon qu’ils ont à la main.

Deuxième échantillon.

« Le concert d’hier soir à la salle Victoria a été un éclatant succès, et nous en félicitons notre distingué impresario, M. Lavigne.

« Le violoniste Belge (avec un grand b, bien entendu), Musin, s’est montré à la hauteur de la renommée qui l’avait devancé, ici. C’est un artiste tout simplement merveilleux.

« Le pianiste Godowski, qui l’accompagnait sur le piano (puisqu’il était pianiste !), est non moins excellent sur cet instrument, si bien que l’attention de l’auditoire était autant de son côté que de celui du grand violoniste.

« Godowsky est un jeune russe d’une vingtaine d’années, et d’une physionomie très sympathique. »