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VOYAGES

le chemin de fer, personne ne se sent de force à tenter l’aventure ; le voyageur n’a qu’un désir, mais un désir brûlant impatient, sourd à toutes les sollicitations contraires, de sortir au plus vite de sa prison roulante, de l’ennui qui l’y dévore, de la fatigue qui l’y accable, et de la poussière, de la suie, de la fumée qui cuisent ses yeux, dessèchent sa bouche, irritent ses narines, et finissent par enflammer le cerveau après avoir brûlé la figure.



VIII.



Nous voici arrivés à Ogden après cinquante-quatre heures de marche depuis le départ d’Omaha ; il nous reste encore trois cents lieues à faire pour atteindre San-Francisco, et nous sommes à 4300 pieds au dessus du niveau de la mer. — Nous avons donc dégringolé d’à peu près quatre mille pieds depuis le sommet des montagnes Rocheuses ; heureusement que cette chûte a pris deux jours, ce qui la rend aussi insensible que celle d’un gouvernement local de Québec.

À Ogden, nous restons une heure et quart pour transférer le bagage dans la nouvelle ligne qui s’appelle Central Pacific et qui doit nous conduire jusqu’au terme du voyage. Ceux qui ont besoin de se restaurer trouvent un excellent hôtel à la gare et plusieurs autres dans les environs ; ce que j’appelle ici environs, c’est ce qui se trouve immédiatement