Page:Buies - La région du lac St-Jean, grenier de la province de Québec, 1890.djvu/35

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Rien de plus charmant que la vallée de ce cours d’eau. Il n’y a rien de pareil dans le Saguenay, pour ne pas dire ailleurs. Roulant tranquillement ses eaux noires vers le lac Saint-Jean, les ormes et les saules qui ombragent ses rives y reflètent comme dans un miroir leurs troncs élancés et leurs branches longues et flexibles. Un foin long, bien fourni et toujours vert, croît au pied de ces ormes et augmente tous les ans l’humus fertilisant. La vigne sauvage rampe sur ces hautes herbes et s’enlace d’arbre en arbre, comme le lierre, formant un cerceau continu.

Rien de plus invitant pour le colon qui a sincèrement la vocation du défricheur que ces bois clairs et variés, croissant sur un terrain bien égoutté et légèrement onduleux, composé d’un sol riche et fertile. Il se croira riche en possédant quelques arpents de terre faisant front sur la rivière Tikouabé. Plus d’inquiétude pour son cheval et sa vache ; bon pâturage pour l’été et excellent fourrage pour l’hiver. C’est un point important, dans le commencement d’une exploitation en pleine forêt, que la nourriture toute prête pour les pauvres animaux, si utiles et si nécessaires.

Sur le coteau qui longe la vallée des deux cotés de la rivière, le bois, tel que l’épinette, le bouleau, le sapin, le tremble et quelques pins, est d’une longueur et d’une grosseur remarquables ; l’épinette, surtout, par ses qualités et ses proportions, peut donner au commerce au delà de cent mille billots. Il n’y a que quelques pins blancs épars çà et là. Des chasseurs m’ont assuré que dans le haut de cette rivière, quarante à soixante milles du lac Saint-Jean, il y a de magnifiques pinières qui couvrent une grande étendue de terrain ; que la qualité du sol et du bois est partout la même, terre forte et bois mêlé ; qu’il n’y a aucune montagne ni rocher ; que le tout est presque de niveau, descendant insensiblement vers le lac.

En terminant ce rapport, je dirai que je suis parfaitement convaincu que la partie nord-ouest du territoire du lac Saint-Jean forme le champ le plus vaste, le plus beau, le plus fertile et le plus avantageux sous tous les rapports et propre à favoriser au plus haut degré la belle et patriotique cause de la colonisation.

(P. H. Dumais, 31 janvier 1872.)


Canton Racine


Le canton Racine, entouré par le lac Saint-Jean et la rivière Mistassini, forme une presqu’île dont la surface est absolument plane et régulière, à peu près comme la ligne