Page:Buies - La région du lac St-Jean, grenier de la province de Québec, 1890.djvu/53

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Le sol leur a paru extraordinairement riche, très propre à la culture des herbes fourragères, des céréales et des légumes. Ce qu’ils en ont vu dépassait du beaucoup en qualité celui de nos campagnes.

Ils ont été frappés de l’esprit dont sont animés les colons du lac Saint-Jean. Comme ils sont contents de leur situation, comme ils aiment leur pays, comme ils sont sans regret pour tout ce qu’ils ont laissé, et comme ils s’applaudissent d’avoir eu le courage de s’éloigner de leurs amis, de leurs parents, pour chercher les moyens d’élever et d’établir leurs enfants !… »

Charles Bacon, prêtre. 1er mai 1890.

De Saint-Cyrille, L’Islet.

« Les deux délégués que j’avais choisis pour visiter la vallée du lac Saint-Jean ont été enchantés de leur voyage. Ils ont fait beaucoup d’éloges de la richesse du sol, de la beauté des forêts et de celle de la nature. Ils m’ont fait un rapport de leur voyage que je vous transmets ci-inclus.

Ici, nos jeunes gens avaient d’abord goûté le projet d’aller ouvrir de nouvelles terres, mais quand le retour du printemps s’annonce, il faut suivre la masse du courant et courir s’enfermer dans les bricardes des États-Unis, où ils perdent leur santé et leur avenir. Quand nos jeunes gens comprendront-ils cela ?

M. J. Fillion, prêtre, curé. 27 avril 1890.

Extrait du rapport des délégués de Saint-Cyrille.

« Nous nous sommes rendus directement à Roberval, et le lendemain, en parcourant les paroisses de Saint-Prime et de Saint-Félicien, nous avons remarqué certains endroits trop sablonneux pour la culture, mais en général la terre est bonne dans ces localités. On nous a informé qu’à Normandin le sol était encore plus riche que dans ces dernières paroisses. De retour de notre voyage nous avons déclaré et déclarons de nouveau que la vallée du lac Saint-Jean est avantageuse aux colons, parce qu’il n’y a pas de cailloux qui puissent nuire à la charrue et enfin parce que ce n’est pas montagneux.

Certainement, il y a comme ailleurs quelques obstacles à repousser, mais il y a tout de même une bonne chance pour le colon qui désirerait aller s’y établir.

Saint-Cyrille, 28 avril 1890.Anicet Lord.——

Irénée Lord.

Extrait du rapport des délégués de Saint-Etienne de Lauzon.

« D’après les entrevues que nous avons eues avec quelques habitants de certaines localités, la terre dans toute l’étendue du lac Saint-Jean est de même qualité que celle que nous avons visitée, très fertile, exigeant peu de frais pour une bonne culture. Il n’y a presque pas de fossés.

Nous avons cru nous apercevoir que si les habitants du lac Saint-Jean étaient laborieux autant qu’on peut l’être, ils seraient à l’aise. Ils sèment à la herse huit, neuf et dix ans de suite, et au bout de ce temps ils récoltent encore des pois en abondance.

Le township Dufferin, situé à onze lieues de Roberval, est en voie de défrichement. Le prix des lots est de vingt centins l’acre, ou $20.00, dont le paiement se fait en cinq ans, par versements annuels de quatre dollars.

D’après ce que nous avons vu, nous encourageons tous les cultivateurs laborieux et courageux, qui veulent donner un avenir à leurs fils, à aller hardiment défricher des lots dans la vallée du lac Saint Jean, au canton Dufferin entre autres.

Il y a aussi des cantons à l’est du lac, dont la traversée se fait par le steamboat, en deux heures.