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LA VALLÉE

aux États-Unis, ne connaissaient pas les richesses que renfermait le plateau intérieur des Alléghanys, et, les eussent-ils connues, que cela n’aurait été pour eux d’aucune utilité, puisqu’il n’y avait aucun chemin qui conduisît à travers la chaîne de montagnes et qu’ils n’eussent pu en frayer un eux-mêmes.

Mais notre province, qui occupe dans la confédération canadienne une position incomparable, n’a guère été connue jusqu’à nos jours, même de nos propres nationaux, et ne commence-t-elle à l’être que vaguement par les étrangers. L’étude géographique en a été déplorablement négligée, les explorations méthodiques ont fait défaut ; les gouvernements, quels qu’ils fussent, n’ont pas semblé comprendre un seul instant la valeur et la portée de travaux qui eussent dévoilé tout ce que notre sol recèle de richesses inexploitées, et quels larges champs il peut offrir de toutes parts à une vigoureuse et saine émigration ; mais aujourd’hui, heureusement, un grand effort va être tenté dans ce sens ; on a enfin ouvert les yeux sur la nécessité absolue de faire une publicité sérieuse qui vulgarise les notions indispensables sur notre pays, et le département de l’Agriculture et de la Colonisation commence, dès maintenant, la publication d’une série de brochures substantielles, consacrées chacune à l’une des régions fertiles de la province.

En outre, des circonstances d’une importance extrême, comme la construction du chemin de fer Atlantique et Lac Supérieur et celle du chemin de Témiscouata à Matapédia, ne vont pas tarder à porter leurs fruits.

L’attention du public va être irrésistiblement attirée vers la portion du pays dont nous traitons en ce moment ; sans doute il va en résulter un fort courant d’émigration,