Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/214

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terminé de parts, à cinquante dollars chacune. Aucun actionnaire n’en pouvait avoir plus de trois. Chaque part représentait un lot de cent acres. Les parts se payaient en dix versements successifs de cinq dollars chacun, tous les six mois. L’association acceptait le travail des actionnaires pauvres, en paiement de leurs parts.

Au bout de cinq ans l’association devait être dissoute et les lots tirés au sort. Chaque part-prenant devenait alors possesseur d’un lot de cent acres, plus ou moins défrichés, avec une petite maison, si les moyens de l’association le permettaient. Celle-ci pouvait cependant réserver la récolte de la sixième année pour achever les travaux ; de même, elle pouvait abandonner au gouvernement chaque lot endetté de douze dollars, afin d’acquitter l’achat du fonds.

L’association se proposait d’ouvrir un nouveau débouché à la colonisation en offrant au surplus de la population des deux grands comtés de l’Islet et de Kamouraska des établissements avantageux et accessibles principalement aux personnes de la classe agricole, qui ne pouvaient acheter de terres à un haut prix. On donna la préférence au Saguenay : 1. parce que les terres s’y vendaient vingt centins, au lieu de quarante centins l’acre, comme sur le coté sud du fleuve ; 2. parce qu’elles étaient de beaucoup supérieures aux terres situées en arrière des deux comtés susmentionnés ; 3. parce que, depuis le commencement de la colonisation du Saguenay, une partie de l’émigration des paroisses du sud s’y était portée d’elle-même.