Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/43

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cours de quarante lieues environ depuis sa sortie du lac Saint-Jean. Ce cours est sujet à des déviations, à des écarts répétés, grâce à la fréquence des pointes de rocher, des caps qui se projettent dans la rivière, qui la détournent et la resserrent en précipitant son allure. À son embouchure, flanquée de deux pointes, l’une du côté ouest, la Pointe aux Bouleaux, l’autre, du côté est, la Pointe aux Vaches, on n’a pu trouver fond, dit M. Bouchette dans son « Dictionnaire Topographique de la Province », quoiqu’on ait jeté la sonde à une profondeur de près de deux mille pieds. Mais c’est là une erreur qui s’est malheureusement beaucoup accréditée depuis la publication de cet excellent ouvrage. Les sondages effectués en 1830 par le capitaine Bayfield, de la marine royale d’Angleterre, ont, il est vrai, corrigé les exagérations qui attribuaient à la rivière Saguenay une profondeur de quinze cents, de dix-huit cents et même de deux mille pieds en plus d’un endroit, mais la masse du public a persisté dans son erreur qui est devenue aujourd’hui une sorte de tradition. On n’en a pas moins continué, nonobstant la démonstration scientifique du contraire, à croire que le Saguenay est insondable. Or, la carte du capitaine Bayfield fait voir qu’à l’embouchure même du Saguenay, où, d’après la notion commune, on n’a pas trouvé fond à trois cent quarante brasses, la plus grande profondeur d’eau ne dépasse pas soixante-seize (76) brasses, et qu’elle augmente successivement jusqu’à quatre-vingt-huit, cent et cent huit brasses, dans l’espace de trois à quatre milles, en remontant