Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/70

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II

« Tadoussac », dans la langue montagnaise, signifie mamelons. D’après le missionnaire Laflèche, le mot cri est Totoushak, pluriel de Totoush, mamelle[1].

Cet endroit était aussi nommé par les sauvages Sadilege[2]. Voici la description qu’en donne un missionnaire jésuite : « C’est un lieu plein de rochers et si hauts qu’on dirait que les géants qui voulurent autrefois combattre les cieux avaient jeté en cet endroit les fondements de leur escalade. Le grand fleuve Saint-Laurent fait quasi dans ces rochers une baie ou une anse qui sert de port et d’assurance aux navires qui voguent en ces contrées ; nous appelons cette baie « Tadoussac ». La nature l’a rendue fort commode pour l’ancrage des vaisseaux ; elle l’a bâtie en rond et mise à l’abri de tous les vents. »

Un autre missionnaire, écrivant en 1720, dit de son côté : « Tadoussac est un bon port… ; sa figure est presque ronde ; des rochers escarpés d’une hauteur prodigieuse l’environnent de toutes parts et il en sort un petit ruisseau qui peut fournir de l’eau à tous les navires. Tout ce pays est plein de marbre ; mais sa plus grande richesse serait la pêche des baleines.

« La plupart de nos géographes ont marqué une ville

  1. Rapport sur les missions du diocèse de Québec, no 12, p. 105.
  2. Relation de 1646.