Page:Buies - Le chemin de fer du lac Saint-Jean, 1895.djvu/105

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

99
du Lac Saint-Jean


Exploitation forestière


Il faut remonter jusqu’à 1825 pour trouver trace des premiers règlements introduits pour la division en sections du territoire du Saint-Mauriee et pour la coupe du bois, d’après un système régulier. Mais comme il n’y avait eu jusque là que des arpentages approximatifs, conduits indépendamment de la science, et que le pays n’était que très imparfaitement connu, ces divisions ne purent être établies avec précision ni avec méthode.

Néanmoins, c’est sous l’empire de ce régime que le commerce de bois commença à prendre un véritable essor. M. George Baptist, le fondateur des compagnies devenues célèbres de Geo. Baptist & fils, et d’Alexander Baptist, construisit, à l’endroit appelé « Les Grès, » la première scierie importante qui ait été élevée sur le Saint-Maurice.

Le rapide des Grès n’est qu’à une quinzaine de milles de Trois-Rivières, et, cependant, toute la contrée environnante était encore alors absolument sauvage. M. Baptist dut se frayer une route, en abattant les arbres de la forêt, jusqu’à l’endroit où il érigea son établissement, autour duquel ne tarda pas à se former un village considérable. Depuis, la scierie est tombée en ruines, mais la colonisation n’a pas cessé d’avancer toujours, et, aujourd’hui, elle a dépassé de bien des milles cette ancienne limite, de même que le commerce de bois, qui est devenu une immense exploitation, du jour où le gouvernement a fait faire les travaux nécessaires pour effectuer le flottage des pièces.