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du Lac Saint-Jean

velles de leur pays, une dernière enfin à solder les frais de voyage des ministres, dont la nécessité de mieux en mieux établie donne assurément droit à une allocation spéciale.


XI


LA RIVIÈRE-À-PIERRE


Un soir de fin d’octobre 1887, je descendais à la « Rivière-à-Pierre, » station de la ligne située à près de soixante milles de Québec.

La « Rivière-à-Pierre » n’existait absolument, que de nom à cette époque. C’était une rivière baptisée par un Pierre quelconque et coulant dans la forêt, voilà tout. On voyait ça et là, tristement, misérablement, percer à travers l’épais feuillage des bois quelques cabanes de défricheurs, faites de troncs d’arbres empilés les uns sur les autres et recouvertes d’un toit bas, écrasé, s’élevant très légèrement en pointe et troué au plafond, afin de donner passage au tuyau de poële intérieur, lequel ne ressemble en rien aux fournaises à vapeur de nos maisons de ville.

Aussitôt arrivé, je me rendais chez un colon du nom de St. Onge, le premier qui ait construit à la « Rivière-à-Pierre » ce qu’on appelle un « chantier, » un log-house, sorte de hutte en troncs d’arbres bruts, de six à huit