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québec en 1900

de miroirs, de cadres, de moulures, de glaces énormes en verre dépoli, de clous, d’outils et d’instruments de toutes les variétés pour les ouvriers et les cultivateurs. Nous faisons venir tous ces objets-là de Montréal, comme si c’était d’un pays étranger, et pendant ce temps-là nos banques regorgent de capitaux improductifs. Il y a jusqu’à quatorze millions de dépôts, qui sommeillent dans les banques réunies de la capitale. À la Caisse d’Économie seule, il y en a, m’a-t-on dit, quatre millions ! Que dites vous de ces chiffres ? Quatorze millions de dollars immédiatement disponibles, qu’on laisse inactifs dans une ville et dans une vaste section de la province où tout est à créer, où l’on pourrait, entre autres choses, faire des merveilles pour l’agriculture, pour le commerce, pour l’industrie, pour la lutte contre le climat, pour l’amélioration et la multiplication des communications, pour la fondation d’écoles spéciales, dont l’absence est une cause d’infériorité désastreuse pour nos nationaux ; où l’on pourrait encore établir des bains publics, construire des maisons spacieuses, dont chaque étage suffirait à loger une famille à l’aise, convenablement et même presque luxueusement, des maisons pourvues de toutes les commodités et facilités modernes, installées et aménagées infiniment mieux que le sont les maisons ordinaires, louées à un seul particulier, et que, pour cette raison, les propriétaires n’osent pas doter des excellentes améliorations, introduites dans toutes les maisons de rapport depuis une vingtaine d’années.

Comment, messieurs ! Dans une ville entourée d’eau comme Québec, il n’existe pas un seul bain flottant ! Allons-