Page:Buies - Récits de voyages, 1890.djvu/111

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
113
sur les grands lacs

vis défiler l’île Porphyre, située à l’entrée de la baie Noire et surmontée d’un phare à feux tournants ; puis la longue presqu’île de Sibly, dont le rivage oriental borde cette même baie, sur une longueur de quarante-cinq milles, et dont les falaises sombres et escarpées abritent l’îlot d’Argent (Silver Islet,) petit rocher qui a déjà produit, paraît-il, trois millions de dollars. Les mines d’argent de cet îlot ne se trouvent pas par veines et par filons, mais par « poches » nombreuses, isolées les unes des autres. On voit là des établissements importants et une population considérable de mineurs, laquelle déserterait du jour au lendemain si les « poches » venaient à lui faire défaut. À notre gauche nous apercevons vaguement la grande et belle île Royale, que les Américains ont su englober tout entière dans leurs possessions. Cette île contient de magnifiques mines de cuivre natif, que les Indiens travaillaient eux-mêmes, il y a déjà un temps bien éloigné de nous ; et c’est aussi des eaux qui baignent ses rivages que le délicieux poisson blanc s’échappe, aussitôt le printemps venu, pour gagner, en troupes serrées, les abords de la terre ferme.