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récits de voyages

je fus heureux. Savoir que le lac Édouard tire son nom d’un chasseur sauvage de Batiscan quel bonheur ! Ô beauté des découvertes ! Ô volupté de l’érudition.

Ce qu’il y a de singulier, dans ces lacs, c’est que chacun d’eux a son poisson propre, qui se distingue de celui des autres lacs par une nuance de la couleur du ventre. Ainsi, dans l’un la truite a le ventre blanc, dans l’autre elle l’a rouge ; dans un troisième la truite sera toute verte (il n’y en a nulle part de bleue) ; dans un quatrième il n’y aura que du poisson blanc ; ailleurs ce sera du bar, du touradis… ; tout cela a été arrangé exprès pour les différents goûts des gens et suivant les couleurs qu’ils préfèrent ; la Compagnie n’y est pour rien ; espérons que les pêcheurs sauront respecter cette distribution de la nature, et ne s’amuseront pas à jeter une confusion inutile parmi les poissons des lacs, peut-être plus soucieux que les hommes de garder leurs couleurs.


Et tout cela c’est du nouveau, et grâce à la construction du chemin de fer du lac Saint-Jean