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à travers les laurentides

Nous allons, nous avalons l’espace, aussi vite qu’on peut le faire dans un train de construction, là où le ballastage n’est pas encore assez ferme pour permettre à la locomotive de se lancer dans la plénitude de sa force, comme le discours d’un membre convaincu. Il s’agit d’arriver pour le souper de six heures, au bout de l’île du lac Édouard, à la première traversée de la Batiscan, endroit décoré aujourd’hui du nom de station Beaudet, où s’élève un log-house aristocratique, le Windsor, quartier général et pension des entrepreneurs, des ingénieurs et des arpenteurs.

Après une course de sept milles, nous passons devant une petite construction qui n’a l’air de rien du tout, l’on croirait être une guérite de factionnaire abandonnée. Mais il faut faire attention à soi en arrivant ici, car cette guérite est la propriété d’un employé du bureau de police, sorte de station minuscule, que M. Aimé Talbot, car c’est bien lui, a fait construire à ses frais et où il descend chaque fois qu’il veut se rendre aux lacs qu’il a loués du gouver-