Page:Buies - Récits de voyages, 1890.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
44
récits de voyages

du nord. Elle traverse toute la ville de Toronto et vient aboutir au débarcadère des bateaux à vapeur. George Auguste Sala l’a appelée la plus longue rue du monde : « Où demeure monsieur Y, » demandait un voyageur arrivant à Toronto, il y a une soixantaine d’années, en montrant à un passant une adresse qu’il tenait à la main, « n’est-ce pas quelque part sur la rue Yonge, dans cette ville ? — Oui, répondit le passant, en examinant l’adresse, c’est en effet sur la rue Yonge, à vingt-cinq milles d’ici. »

II

Transportons-nous un instant à soixante-sept ans en arrière de nous, à l’année 1823, qui vit l’arrivée à Toronto de M. Beaty, le fondateur de l’ordre des Orangistes en Canada.

Par une coïncidence assez plaisante, c’est le 17 mars même, jour de la fête des Irlandais catholiques, que M. Beaty pénétra dans la future métropole d’Ontario. Cette année-là, il n’était pas tombé de neige de l’hiver, si ce n’est au commencement de mars, et, à la date du 17, il y en avait quatre pieds d’épaisseur sur le sol. M.