Page:Buies - Sur le parcours du chemin de fer du Lac St-Jean, première conférence, 1886.djvu/4

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Mesdames et Messieurs,

Il y a quarante-deux ans, un écrivain qui porte un nom estimé dans la littérature française, grand chasseur devant Dieu et assez véridique devant les hommes,… pour un chasseur, après avoir parcouru tout le continent du Nord Amérique, à la poursuite des fauves nombreux, plus ou moins féroces, plus ou moins originaires du sol, ou descendants dégénérés des terribles fauves d’Asie et d’Afrique, tels que le cuguar, le jaguar, le pouma, le chat sauvage et la panthère, sans compter le « grizzly bear », (ours gris) qui, lui, n’a pas d’ascendant connu dans les vieux continents, qui est l’habitant immémorial des Montagnes Rocheuses, animal monstrueux, d’une force et d’une férocité effrayantes, la plus redoutable bête qu’un chasseur puisse rencontrer ; après, dis-je, avoir parcouru, la carabine et le bowie-knife à la main, ces vastes territoires alors à peu près inhabités et qui sont devenus de nos jours des États de la grande république américaine, l’écrivain dont nous parlons arrivait à Québec, dans les premiers jours de 1844, sur l’invitation d’un capitaine d’artillerie anglais qui lui avait promis, dans une chasse à l’orignal, un sport rempli d’émotions et de difficultés, comme les vrais chasseurs les aiment ; et voici