Page:Bulletin de la société géologique de France - 1re série - 4 - 1833-1834.djvu/391

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M, Dausse lit un Mémoire, intitulé : Essai sur la constitution et la forme de la chaîne des Rousses, en Oisans, accompagné d’une carte et de plusieurs vues et coupes.

Les montagnes dont il s’agit sont les secondes de France, sous le rapport de la hauteur ; elles forment une chaîne à peu près rectiligne de 5 à 6 lieues de longueur, aux confins du Dauphiné et de la Maurienne, entre le groupe colossal du Pelvoux et la grande chaîne occidentale des Alpes, tendant de la pointe d’Ornex au Taillefer. L’altitude de la cime la plus élevée est de 3629 m, comprise ainsi entre celle du Grand-Pelvoux de 4105 m., la plus grande de France, et celle des principales cimes de la partie voisine de la grande chaîne, qui sont le Grand-Charnier, de 2559 m, le pic de Belledame, de 2982 m. et le Taillefer, de 2861 m. La direction moyenne de la chaîne des Rousses est à peu près parallèle, conséquemment, à quelques degrés près, à celle de l’autre chaîne contiguë. Comme celle-ci et comme le groupe du Pelvoux, elle est primitive, suivant l’acception usitée de ce mot ; son nom lui vient de la couleur ocreuse, rousse, de ses roches ; elle paraît formée de grands feuillets rompus et fortement redressés de gneiss, dans la direction indiquée et inclinant uniformément vers l’Ouest. entre ou sous lesquels feuillets se montrent de roches granitoïdes massives. Le versant occidental, où s’observent ces roches, présente des étages par gradins, séparés par des escarpements, dont le plus élevé se termine à la crête tranchante de la chaîne ; et ces étages, ces escarpements, cette crête, sont tous moyennement parallèles. Le versant opposé, dont fait partie la longue croupe neigée de la chaîne, offre au-dessous de cette croupe de grands escarpements de forme arrondie, mais mal alignés et irréguliers, comparativement aux précédents. Cette disposition générale des versans paraît être en rapport avec la constitution indiquée de la chaîne. Les lambeaux subsistans autour de ce groupe primitif oblong du dépôt secondaire, principalement formé de ces schiste ; argilo-calcaires noirs des Alpes, vulgairement nommés ardoises, relèvent de toutes parts vers lui. L’angle de relèvement augmente vers le contact des deux formations ; en plusieurs points, la roche primitive abouche même sur les couches secondaires plus ou moins renversées. Quand la formation d’ardoise se termine par un escarpement, cet angle de relèvement des couches croît aussi du pied au sommet de l’escarpement, et la disjonction des couches entre elles et leur dislocation et désordre paraissent croître en même temps. Cela rappelle à l’auteur ce qui arrive à l’extrémité