Page:Bulletin du comité historique des arts et monuments, volume 1, 1849.djvu/155

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épauffrures, mais les laisser visibles et ne remplir que l’intervalle entre les pierres.

36. Tous les refouillements dans la vieille maçonnerie seront faits à la masse et au poinçon, jamais au tétu ou à la pioche. Tous les tasseaux nécessaires à la pose des pierres à incruster seront faits en bonnes billes de sapin ou de chêne ; ils pourront être ordonnés en maçonnerie toutes les fois que l’architecte le jugera convenable.

37. Les cales nécessaires à la pose des pierres incrustées ne seront jamais faites en fer, mais en plomb ou en cœur de chêne, et toujours éloignées des parements.

38. Toute pierre vieille portant moulure ou sculpture ne pourra être remplacée que lorsqu’elle aura été marquée par l’architecte ou ses agents.

39. L’appareil des pierres neuves sera absolument semblable à l’appareil ancien. Dans les édifices du moyen âge, les arcs seront extradossés, les parements neufs faits en assises de même hauteur que les anciennes.

40. La plus grande attention sera apportée à l’exécution des tailles des parements et moulures. L’architecte devra observer à quelle époque et à quel style appartiennent ces tailles, qui diffèrent entre elles : il remarquera que les tailles antérieures au xiiie siècle sont faites assez grossièrement et au taillant droit ; celles du xiiie, à la grosse bretture et layées avec une grande précision ; celles du xive, à la bretture fine et layées avec plus de netteté encore ; celles du xve, à la bretture et au racloir, etc. etc. Sauf de rares exceptions qui peuvent contrarier ces usages, et dont on devra tenir compte, l’architecte fera exécuter les tailles des parties restaurées d’après les indications précédentes. On lui recommande de se défier des retailles, des grattages faits après coup, qui altèrent la physionomie des parements et la forme des profils ; il faut rechercher alors les tailles primitives conservées sur les points peu accessibles ou masqués. Il en est de même pour les modifications apportées par des restaurations plus ou moins anciennes aux formes primitives ; on devra examiner alors avec grand soin toutes les traces de ces formes, et dans le doute en référer à l’Administration.

L’emploi de l’outil appelé boucharde est rigoureusement interdit.

41. L’étude approfondie du style des différentes parties des mo-