Page:Bulletin du comité historique des arts et monuments, volume 1, 1849.djvu/25

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plétement descendu ; les fenêtres furent à peu près rajustées pour l’œil de l’observateur placé sous le portail ; mais, vues de près, on ne trouvait plus qu’un amas confus et incohérent de panneaux sans suite et sans ordre : sujets intervertis, personnages remontés la tête en bas ; d’autres ayant la partie supérieure de leur corps dans une fenêtre et la partie inférieure dans une autre, tel était le spectacle qui s’offrait à l’archéologue qui cherchait à démêler quelque chose dans ce pêle-mêle. Cet état de choses dura longtemps, et c’est ainsi que je l’ai vu, lorsqu’en 1847 M. Émile Hémart, maire de Montmort, dont la sollicitude éclairée n’a cessé de s’étendre à tous les intérêts de sa commune, et qui, quelque temps auparavant, avait déjà fait classer son église parmi les monuments historiques ; lorsque M. Hémart, dis-je, obtint du Gouvernement une allocation qui lui permit de commencer d’une manière complète et sérieuse la restauration des vitraux. Sur sa demande, je fus chargé par M. Bourlon de Sarty, alors préfet du département de la Marne, de présider, au point de vue archéologique, à la réparation, qui fut confiée au travail de M. Vincent Larcher, peintre verrier de Troyes, un de nos meilleurs artistes en ce genre, et qui avait déjà fourni ailleurs de nombreuses preuves de ses talents.

J’ai suivi en détail les travaux de M. Vincent Larcher ; et c’est pour rendre justice au succès que cet artiste me paraît avoir obtenu dans le rétablissement des quatre fenêtres de l’abside qui lui ont été confiées, que j’ai résolu de mettre ce rapport sous les yeux du comité. M. Larcher a dû examiner avec un soin minutieux toutes les verrières de l’église, pour restituer aux fenêtres qu’il entreprenait les fragments dispersés dans les autres. Il lui a fallu conserver avec un soin scrupuleux tout ce qui, dans l’œuvre primitive, était susceptible de l’être ; éloigner avec discrétion les parties que le temps ou d’autres causes avaient trop complètement détériorées, et enfin substituer ses propres inspirations à l’œuvre du xvie siècle, partout où celle-ci faisait défaut. À mon gré, M. V. Larcher s’est acquitté avec bonheur d’une tâche souvent ingrate, et dans laquelle les proportions de la dépense ne devaient point compenser peut-être la sécheresse de la besogne. Le ton général des fenêtres n’a pas cessé d’être excellent ; et quant au détail des panneaux, quant au profil des personnages et à la coordination des sujets, l’artiste a su choisir ses réminiscences