Page:Burnouf - Lotus de la bonne loi.djvu/117

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CHAPITRE VII.

L’ANCIENNE APPLICATION.

Jadis, ô Religieux, dans le temps passé, bien avant des Kalpas plus innombrables que ce qui est sans nombre, immenses, incommensurables, inconcevables, sans comparaison comme sans mesure, avant cette époque et bien avant encore, apparut au monde le Tathâgata, nommé Mahâbhidjñâdjñânâbhibhû, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. ; c’est, ô Religieux, dans l’univers Sambhava et dans le Kalpa Mahârûpa, que parut, il y a bien longtemps, ce Tathâgata. C’est comme si, ô Religieux, broyant la terre qui se trouve ici, dans cet univers formé de la réunion d’un grand millier de trois mille mondes, un homme la réduisait tout entière en poudre. Qu’ensuite, prenant dans cet univers un atome de poussière extrêmement fin, l’homme franchissant mille univers du côté de l’orient, y dépose cet atome de poussière extrêmement fin. Que cet homme prenant un second atome de poussière extrêmement fin, franchissant mille univers par delà les premiers, y dépose ce second atome de poussière ; que de cette manière cet homme dépose la totalité de cette terre du côté de l’orient. Qu’en pensez-vous, ô Religieux ? Est-il possible d’atteindre par le calcul le terme et la limite de ces mondes ? Les Religieux dirent : Cela n’est pas possible, ô Bhagavat ; cela n’est pas possible, ô Sugata. Bhagavat reprit : Bien au contraire, ô Religieux, il n’est pas impossible qu’un calculateur, qu’un grand calculateur, trouve par le calcul le terme de ces mondes, tant de ceux sur lesquels ont été déposés ces atomes de poussière extrêmement fins, que de ceux sur lesquels on n’en a pas déposé. Il n’en est pas de même des cent mille myriades de kôtis de Kalpas [écoulés depuis ce Buddha] ; l’emploi du calcul n’en peut atteindre le terme. Eh bien, tout ce qu’il y a de Kalpas passés depuis que ce Bienheureux est entré dans le Nirvâna complet, tout cela