Page:Burnouf - Lotus de la bonne loi.djvu/865

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824 APPENDICE. — .V XV. pureté singulière à laquelle il a su élever son cœur. Ajoutons que ces énumérations plus ou moins développées ne sont pas rares chez les Buddhistes. Le nombre des Pâramitâ ou des perfections varie dans des proportions considérables selon les divers points de vue, et le texte de notre Lotus cite tantôt cinq, tantôt six voies de l’existence, comme nous l’a déjà rappelé une note relative au fol. 76 a. N° XV. SUR LES PUIT AFFRANCHISSEMENTS. (Ci-dessus, châp. vj, f. 82 b, p.. 386.) Le terme que j’ai traduit dans ma version du Lotus par affranchissement est vimukti et vimôkcha. en pâli vimôkha. Pour un lecteur versé dans la connaissance de la langue sans- crite, il existe entre ces deux mots vimôkcha et vimukti, une diflférence assez sensible qui. vient de la différence de la dérivation étymologique. Ainsi vimôkcha signifie plutôt le moyen de s’àfifranchir, et vimukti, l’état de l’être affranchi ; le premier mot désigne en quelque manière, le procédé, et le second, le résultat. J’ai lieu de croire que cette distinction est observée dans les textes ; cependant nous verrons plus’bas vimukti employé dans des énu- mérations où il n’es+ pas facile de le distinguer nettement dé vimôkcha. Je puis être plus bref touchant la catégorie de ces huit-affranchissements que je ne l’ai été pour d’autres énumérations, comme par exemple celle des dix forces et des quatre contemplations , d’abord parce que un texte classique relatif aux huit affranchissements a été déjà traduit plus haut, ensuite parce que plusieurs termes importants de ce texte ont été également expliqués dans quelques-unes des dissertations précédentes. A la fin du Mahânidâna satta qui termine le n° VI de V Appendice, se trouve l’énumération des huit affranchissements ^ ou, pour parler plus exactement, des huit états intellectuels par les- quels passe l’ascète qui fait effort pour s’affranchir du monde. J’y renvoie pour ie mo- ment le lecteur, en le priant de comparer ce morceau avec les observations que j’ai consa- crées à l’étude des quatre sphères du monde sans formes qui s’élèvent au-dessus des quatre contemplations ^ : il verra du premier coup ce que je veux dire ici , car l’analogie des deux passages est si grande qu’on arrive à cette coiiviction que les huit affranchissements ne sont à peu de choses près que des dénominations nouvelles pour des choses déjà connues , c’est-à-dire pour les divers degrés de la contemplation extatique. En effet, les Buddhistes qui attachent un très-grand prix aux classifications et aux énu- mérations , parce que aux époques où l’enseignement est purement oral , les classifications offrent un puissant secours à la mémoire ; les Buddhistes, dis-je, se sont plus à retourner dans tous les sens et à envisager sous divers aspects , la théorie si importante pour eux de la contemplation et de ses résultats. Ainsi, en se reportant à la fin du Mahânidâna saita, on trouve une exposition des sept places ou des sept lieux de l’intelligence qui se dis- ’ Ci-dessus, p. 543. — ^ Ci-dessus, p. 80g.