Page:Butin - Le Corset.djvu/25

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

— 23 —-

mourir. Et Ambroise Paré, qui avait vu sur la table de dissection de ces jolies personnes à fines tailles, lève le cuir et la chair et nous montre leurs costes chevauchant les unes par dessus les autres. »

Sous Charles IX, on voit les corps piqués, sorte de cuirasse piquée en tissu inextensible et très résistant.

Le règne de Henri III (1574-1589) fut le plein épanouissement des basquines, corps à baleine, et des vertugadins. Ces vertugadins, destinés, comme nous l'avons dit, à arrondir la taille, furent les ancêtres des crinolines et des tournures. Henri III imagina même une ridicule modification de cet appareil et construisit le panseron, corset moins serré à la taille mais très grossi et busqué du bas, ce qui donnait aux femmes qui le por taient l'apparence de la grossesse.

Sous Henri IV, on ajouta au corset des « sangles » destinées à en augmenter la constriction.

Ainsi modifiée, cette pièce du vêtement devint si nuisible, qu'Henri IV rendit plusieurs arrêts pour en interdire l'usage. En 1619, le Parlement d'Aix promulgua contre le corset un édit rigoureux auquel il y eut, naturellement, de nombreuses contraventions.

Toutes ces lois ainsi que les instances des médecins et des philosophes, eurent un commencement d'effet : les corsets se portèrent un peu moins serrés.

Malheureusement, cette amélioration ne dura pas. Avec Louis XIV. vers 1643, la mode revint de serrer les corsets qui prirent le nom de « justes-au-corps » ; notre figure 5 donne une idée très nette de ces justes-au corps