Page:Calloch - A Genoux.djvu/69

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IV

Je ne dors plus. Il y a une voix, dans la nuit d’hiver, qui m’appelle, une voix étrange ;

Une voix forte, une voix âpre et habituée à commander : une voix comme celle-là est agréable aux jeunes hommes ;

(Et ce n’est pas la voix d’une femme, ni la voix de ces korriganes qui errent sur la mer celtique) ;

Une voix à qui nul ne peut désobéir : le hurlement de la Guerre aux frontières.

J’obéirai. Bientôt je serai avec mes frères, soldat à la suite des soldats ;

Bientôt je serai dans la tuerie… Quels signe y a-t-il sur mon front ? Année nouvelle, verrai-je ta fin ?

Et qu’importe ? Que ce soit tôt ou tard, quand l’heure sonnera d’aller vers le Père, j’irai joyeux. Jésus sait consoler nos mères.