Page:Canivet - Chants libres, 1866.djvu/53

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A ses pieds avilis des entraves dorées,
Il est servi par des valets.

Cependant, il s’efflanque et maigrit, car il pense
Aux jours si regrettés de sa belle existence,
Et, sur la paille s’étendant,
Il voit, devant ses yeux, passer la douce image
Des plaines, des forêts, diï beau sérail sauvage
Dont il était le fier sultan.

Il hennit de tristesse, et, lorsqu’il se rappelle
Les jours qu’il galopait, plus rapide que l’aile,
Libre, sur un sol enchanté,
Il vent se redresser d’un bond, mais il retombe,
Oubliant qu’il est là, Cloué dans une tombe,
Et qu’il n’a plus sa liberté.

LE CIRQUE.

Ave, Coesar, moriturite salulant.

C’est l’heure du plaisir : L’arène est vide encor ;
Au zénith éclatant, Phoebus, aux cheveux d’or,
Verse un rayonnement immense.
Le peuple accourt au cirque et remplit les gradins,
C’est l’heure du plaisir, pour les puissants Romains.
La Cité Reine est en démence.