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LE LONG DE LA CÔTE.


A travers le grain, ballotté,
Le trois-mâts, à.sec de, voilure,
Roulant sur le flot démonté,
Craquait dans toute sa, membrure.

C’était le plaisir : on luttait,
Corps à corps, avec la tempête ;
On plongeait, , et l’on remontait
Du fond du gouffre jusqu’au faîte.

Ce n’est plus cela, maintenant
On se fait traîner par la houille ;
Que le ciel soit étincelant,
Qu’il crache comme une gargouille,

Pas besoin de monter en haut,
De serrer focs et civadières !
Ce n’est plus des hommes qu’il faut,
C’est du charbon, sous les chaudières ;

Plus rien que des chauffeurs hagards,
Brûlés par l’ardente fournaise,
Et, du bout de leurs longs ringards,
Avivant la flamme et la braise.