Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/30

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 23 —

de nous. Tenez, hier, j’étais à ses côtés quand il donnait des soins à Pitre Verret, et lorsque le pauvre diable, qui avait bu plus d’eau que de raison, s’est mis à dégobiller, j’ai entendu le sauvage dire : « Sauvé ! »

— Ta ! ta ! ta ! vous radotez, vieil oiseau de mauvais augure ! interrompt Joachim Bédard. J’y étais moi aussi, je suppose ! et ce n’est pas le vieux muet qui a prononcé ces paroles, c’est la mère de mon ami Verret !

Tout le monde applaudit à la riposte.

Ce fut le signal de dispersion. Chacun reprit le chemin du logis.

Le père Latourelle, tout confus, se retira en marmottant entre ses dents :

« La tireuse de cartes me le dira bien, elle, si le sauvage parle ! »

Cependant, l’affirmation catégorique de Joachim Bédard, avait impressionné le père Latourelle et jeté le doute dans son esprit. Après tout, se disait-il, je peux bien m’être trompé ; à vrai dire, l’accident m’avait mis un peu à l’envers ! En tout cas, je vas aller consulter la « Châtigny, » qui passe pour avoir le don de faire parler les cartes.

Attends un peu, mon p’tit Joachim Bédard : tu auras bientôt de mes nouvelles…

Il y avait à la Canardière, petit village situé sur la rive nord de la rivière Saint-Charles, et