Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/38

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un coup d’œil charmant ; le propriétaire l’avait décorée avec beaucoup de goût.

Une société en verve et en appétit avait pris place autour d’une table garnie des mets les plus délicats.

On mangea fermement, on but modérément, et, au dessert, on chanta joyeusement !

La mode des discours indigestes et souvent ridicules, au dessert, n’était pas encore inventée… et les estomacs n’en digéraient que mieux !

Chaque convive y alla de sa chanson, et tout le répertoire national y passa !

— Mes amis, dit le père de la mariée, la danse étant un fameux digestif, je prie toute la compagnie de passer dans l’autre salle, où les musiciens sont à leur poste.

L’invitation fut chaleureusement acceptée, et, cinq minutes plus tard, les mariés et leurs amis mêlaient le bruit cadencé de leurs semelles aux accords du violon et de la clarinette…

Vers onze heures, la danse battait son plein. Un fiacre, portant six matelots en goguette, s’arrêta en face de la « Maison bleue ».

Les sons de la musique et les bruyants éclats de rire avaient attiré l’attention des marins, et la table toute servie, qu’ils voyaient du dehors, excitait maintenant chez-eux le désir de manger et de s’amuser aux dépends des French Canadians !