Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/55

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Le même jour, au souper, Jean-Charles amena la conversation sur la visite du capitaine Juchereau-Duchesnay, et il exprima à ses parents le désir d’offrir ses services au brave militaire.

— Tu n’es pas sérieux ! lui dit sa mère.

— Oui, je suis très sérieux, ma mère ! répondit respectueusement mais fermement Jean-Charles.

Le père ne parla pas tout d’abord, mais il était visiblement ému, car une larme perla au coin de ses paupières.

Le père Lornier était un patriote dans le vrai sens du mot, et, en 1775, il avait combattu contre les Américains.

Jean-Charles reprit :

— Notre pays a besoin de soldats pour le défendre contre les attaques d’un ennemi nombreux et puissant, et il me semble que c’est le devoir de tous les jeunes gens de cœur de voler à sa défense !

— Mais tu n’es encore qu’un enfant ! interrompit la mère ; que feras-tu sur un champ de bataille ?

— Je ne suis qu’un enfant, peut-être, ma mère ; mais je suis capable de porter un fusil, et je saurai m’en servir, Dieu merci !

La mère n’ajouta plus rien. Elle lisait dans les yeux de Jean-Charles une résolution inébranlable ; et d’ailleurs elle avait sur cette