Page:Carnet de guerre n°1 d'Alexandre Poutrain.pdf/50

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dans les rues, il m’est impossible de m’absenter. Louis s’offre d’aller à Hénin. Quand Louis il arrive, dans l’encaissement de la route, à mi-chemin du pont, il entend à sa gauche une fusillade de 12 à 15 coups. Lorsqu’il débouche des crêtes, il aperçoit les deux gendarmes, escortés de goumiers ; ils côtoient la route d’Arras, déployés en tirailleurs. Ce sont eux qui ont tiré sur des hulans, qui suivaient, sur le versant opposé, le chemin rouge qui va de la route de Boyelles à la route d’Arras. Le gendarmes remettent leur pli à Louis et font demi tour.

Cette enveloppe contenait, pour chaque commune du canton, une note du préfet ordonnant aux maires de faire évacuer immédiatement sur St Pol tous les hommes de 18 à 48 ans.

Je fais publier cet ordre par le garde, bien qu’il y ait encore des allemands dans le village. Et je convoque chez Godart notre petit clan habituel.