Page:Castilhon - De la phlébite suppurative.djvu/16

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même souvent la période initiale, est la suspension de la suppuration à l’extérieur. Les plaies se dessèchent, cessent de donner du pus ; les sétons s’il en existe, ne remplissent plus leurs fonctions, la gaîté disparaît, l’appétit devient nul. La face devient anxieuse, profondément altérée, hippocratique ; les yeux sont caves, enfoncés dans leur orbite ; les ailes du nez sont agitées de mouvements rapides de dilatation et de resserrement, une soif intense se fait ordinairement sentir. Le pouls est d’abord accéléré pour devenir petit, presque insensible ; les battements du cœur sont forts, la respiration s’accélère, l’air expiré devient fétide et une toux faible se fait entendre par intervalles. La bouche est sèche, sédimenteuse ; la langue rougit, se dessèche, se couvre d’un enduit noirâtre ; peu après il survient du météorisme, des vomissements, et lorsque la maladie fait des progrès, une diarrhée fétide se manifeste.

Un grand sentiment de faiblesse, un délire vague, irrégulier apparaissent dans certains cas ; les sujets affectés semblent n’avoir aucune conscience de ce qui se passe autour d’eux ; des douleurs que rien ne motive en apparence se développent dans diverses régions du corps. C’est au milieu de ces accidents qu’on voit se développer dans plusieurs régions de l’organisme, des abcès métastatiques, ou bien c’est un ictère qui envahit rapidement l’économie, et coïncide le plus souvent avec la formation d’abcès métastatiques dans le foie. Il est des malades qui accusent des douleurs vives, atroces dans les régions articulaires ; une arthrite est la conséquence de ces manifestations douloureuses. Chez quelques sujets, c’est une pleurésie qui se développe, ou bien il survient une toux sèche, de l’oppression, de la dyspnée, phénomènes se rattachant le plus souvent à la formation d’abcès métastatiques dans le poumon ; chez presque tous on voit un amai-