Page:Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858.djvu/137

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SIXIÈME PARTIE

rais aussi le faire, retouchant avec un peu de violet dans les ombres des plis et un peu dans les clairs, revenant avec soin sur l’or pour former les plis. De tels vêtements te plairont fort, surtout pour habiller le Père éternel. Si tu voulais vêtir Notre-Dame de pourpre, fais un vêtement blanc ombré d’un peu de violet clair, si clair qu’il diffère peu du blanc ; couche-le d’or fin et retouche-le en reformant les plis sur l’or avec du violet plus obscur, c’est un habit délicieux.

CXLVII.Comment on colore les visages, les mains, les pieds, et toutes les chairs.

Quand tu as fini de colorer vêtements, arbres, fabriques, montagnes, il faut en venir à colorer les visages. Il convient de les commencer de cette manière : aie un peu de terre verte avec un peu de blanc bien encollé, étends-les d’eau, donnes-en deux couches sur le visage, les pieds, les mains et sur tous les nus. Mais cette première couche sur des visages jeunes qui ont la carnation fraîche doit être encollée avec des jaunes d’œufs pondus en ville, parce qu’ils sont plus blancs que ceux que font les poules à la campagne ou dans les villas. Ces derniers, par leur couleur, sont bons à tempérer les carnations de vieillards et d’hommes bruns. Là ou sur mur tu fais tes tons rosés avec le cinabrese ; souviens-toi que sur panneau tu dois le faire avec du cinabre. Quand tu places les premiers roses, ne les fais pas de cinabre pur, mets-y un peu de blanc et mets aussi un peu de blanc dans le verdaccio qui doit te servir à ombrer. De la même façon que tu as travaillé et coloré sur mur, fais-toi trois sortes de carnations plus claires l’une que l’autre, plaçant chaque degré de carnation en son lieu dans les différentes parties du visage. Ne t’approche cependant pas assez des