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SECONDE PARTIE

sèche, elle supporte bien le broyage ; plus on la broie, plus elle devient fine ; elle est bonne à employer sur panneau, sur mur à fresque et à sec. Je t’expliquerai ce que c’est qu’à fresque et à sec quand nous parlerons du travail sur mur. Ceci te suffit pour le premier rouge.

xxxix.00La manière de faire le rouge dit cinabrese, propre aux carnations sur mur, et sa nature.

Ce rouge est une couleur claire que l’on nomme cinabrese, et je ne sache pas que l’on s’en serve ailleurs qu’à Florence. Elle est parfaite pour les chairs. Sur le mur on l’emploie à fresque. Cette couleur se fait avec la plus belle qualité possible de sinopia et la plus claire. Elle est broyée, mêlée avec le blanc de Saint-Jean. Ce blanc se nomme ainsi à Florence ; il est le produit de la chaux bien blanche et bien purgée. Quand ces deux couleurs sont bien broyées ensemble, c’est-à-dire deux parties cinabrese [1] et un tiers de blanc, fais-en des petits pains de la grosseur d’une demi-noix et laisse-les sécher ; quand tu en as besoin, prends-en ce que tu penses nécessaire. Cette couleur te fera

    Quand on la met dans l’eau, elle se défait copieusement On la déterre en Cappadoce, dans de certaines cavernes, et on la porte, quand elle est bien purgée, dans la ville de Sinope, où elle se vend et d’où lui vient sans doute le nom de sinopia. Elle a des vertus siccatives. » Là finit Dioscoride. Son commentateur dit qu’il ne trouve plus de son temps qui puisse lui dire ce qui est la vraie sinopia. Il croit que c’est un bol d’Arménie grossier. Il cite Georges Agricola, qui rapporte que la sinopia se trouve dans les mines d’or, d’argent, de cuivre et de fer.

    Pline parle de la sinopia au livre xxxv, ch. 7, comme une des seules quatre couleurs dont se servaient Appelles, Echione, Melanzio, etc. — Lazzarini, dans sa quatrième dissertation sur la peinture, tome ie, prétend que c’est notre terre rouge, un peu plus belle peut-être II parait en substance que c’est une terre rouge obscure ou un oxide de fer brun, troisième degré de l’oxidation de ce métal. (Cav. Tambroni)

  1. Je crois qu’il devrait y avoir : Deux parties de sinopia, ( Idem.)