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TRAITÉ DE LA PEINTURE

soit clair, il faut que l’orpin l’emporte, et que ce soit le bleu pour l’avoir foncé. Cette couleur est bonne sur panneau, mais non sur mur. On y mélange la colle.

lvi.00De la nature d’un vert qui se nomme vert-de-gris.

Il y a un vert que l’on nomme vert-de-gris, qui de lui-même est très-vert. On le fait chimiquement avec du cuivre et du vinaigre. Cette couleur est bonne sur panneau, mêlée avec de la colle. Garde-toi de jamais l’approcher du blanc, ce sont des ennemis mortels. Broie-le avec du vinaigre, c’est dans sa nature, et si tu veux faire un vert d’herbes parfait, tu le trouveras flatteur à l’œil, mais sans durée. Il convient mieux sur papier ou sur parchemin, encollé à l’œuf.

lvii.00Comment on fait un vert de terre verte et de blanc de plomb, ou de blanc de Saint-Jean.

On fait un vert couleur de sauge pour panneau en mêlant la terre verte au blanc de plomb, et en tempérant à l’œuf. Sur mur à fresque, la terre verte est mêlée au blanc de Saint-Jean fait de chaux blanche épurée.

lviii.00De la nature dublanc de Saint-jean.

Ce blanc est une couleur naturelle mais travaillée ; on le fait ainsi. Prends la chaux effleuvée, bien blanche ; quand elle est réduite en poudre, mets-la dans une cuvette l’espace de huit jours, en y remettant chaque jour de l’eau claire, et battant la chaux bien mêlée avec l’eau pour en sortir toutes les matières grasses. Alors fais-en des petits pains, mets-les au soleil sur les toits, plus ces petits pains sont vieux, meilleur est le blanc. Si tu veux le faire vite et bon, quand les pains sont secs, broie-les sur ta pierre avec de l’eau et refais-