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TROISIÈME PARTIE
Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858 (page 35 crop) 3.jpg
lxvii.00Manière et ordre dans lesquels on doit travailler à fresque et colorer un visage jeune.

Au nom de la très-sainte Trinité, je veux te mettre à peindre.

Le plus généralement on commence par travailler sur mur ; pour ce, je te montrerai pas à pas le chemin qu’il faut suivre. Quand tu veux travailler sur mur [1],

  1. La peinture à frais sur muraille est aussi dite par Vasari (Introduis, allé arti ec cap. xix), le travail le plus magistral, le plus beau, le plus viril, le plus sur, le plus résolu et le plus durable qui existe. Que les peintres grecs et romains aient aussi pratiqué ce moyen, c’est je crois ce qu’on ne peut mettre en doute, si on lit attentivement Vitruve, livre vu, ch. 3. Cependant quelques-uns en ont douté, et surtout le Requenos ( Sag : sul ristabil. dell encausto, vol. i, fac. 188 e seg.), lequel s’efforce d’interpréter l’Udo tectorio de Vitruve à sa manière, et le rapporte entièrement à la peinture encaustique. Mais cette opinion fut victorieusement combattue par l’auteur della Memoria per le belle arti, ouvrage imprimé dans les Ephémérides romaines en juillet 1785. (Cav. Tambroni.)

    000Pline, au ch. 7 du livre xxxv, cite les couleurs qui ne prennent pas sur les enduits humides. Comment douter ? On remarque aussi dans beaucoup de peintures antiques à Naples le dessin formé par un trait creusé dans l’enduit. Dans un enduit au plâtre cela pourrait toujours se faire. Mais dans un enduit de chaux et de sable, comme sont les préparations antiques, cela n’est possible que si l’enduit est frais. S’ils dessinaient sur l’enduit frais, ils y peignaient aussi ; ces deux opérations ne se séparent pas. (V. Mottez.)

    000Avec Cennino Cennini seul, sans autre guide, j’ai pu faire à Paris de la peinture à fresque. C’est ce qui m’a engagé à traduire ce livre. Il peut se faire qu’un autre plus heureux vienne dans un temps où ce mode de peinture employé par les grands maîtres ne sera plus jugé insuffisant, où la fresque reprendra sa place dans les monuments. Temps bien différent de celui-ci, où pour imiter la fresque tout a été jugé bon, hors la fresque elle-même. Quoi qu’il en soit, il y a encore dans ce livre assez de choses curieuses pour va-