Page:Censorinus - Le Jour natal, trad Mangeart, 1843.djvu/48

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humain a-t-il pu observer ces jhrs de métamorphoses successives, et pénétrer ces mystères de la nature ? On ne s'en étonnera pas, si l'on réfléchit que ces découvertes sont dues aux nombreuses observations des médecins qui, voyant que bien des femmes ne conservaient pas dans leurs flancs la semence de l'homme, ont remarqué qu'elle était laiteuse quand elle s'échappait dans les six ou sept premiers jours de la conception ; et, cette perte, ils l'ont appelée g-ekrusin (écoulement) ; que, plus tard, elle était un liquide sanguin ; et alors cette perte s'appelle g-ektrohsmos (avortement). Quant au fait de voir l'une et l'autre gestation embrasser un nombre de jours pair, alors que Pythagore regarde comme seul parfait le nombre impair, il n'y a point là une contradiction avec les principes de sa secte ; car, si l'on compte par jours pleins, lui-même il donne les deux nombres impairs, 209 et 273 ; mais, à chacun de ces nombres de jours, il faut ajouter quelques heures, lesquelles cependant ne forment point un jour entier. La nature elle-même nous en fournit un exemple, tant dans la durée de l'année que dans celle du mois, puisque l'année se compose du nombre impair de trois cent soixante-cinq jours, plus quelques heures, et le mois lunaire d'un peu plus que vingt-neuf jours.

Chapitre 12

XII. Louanges et vertus de la musique. Et qu'y a-t-il de si étrange, à ce que la musique ait quelque rapport à notre naissance ? Soit, en effet, qu'elle ne consiste que dans la voix, comme le dit Socrate ; soit, comme le prétend Aristoxène, qu'elle consiste dans la voix et dans les mouvements du corps ; soit que la voix, les mouvements du corps, et, en outre, les mouvements de l'âme concourent à la constituer, comme le pense Théophraste ; certes, elle a bien des caractères de la divinité, et elle peut beaucoup pour remuer les âmes.