Page:Chamberlain - Richard Wagner, sa vie et ses œuvres, 1900.djvu/283

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et Marschner, que j’en mis le texte en musique ». Combien il s’en remettait, d’autre part, à la direction de Mozart, ressort bien d’un article écrit dans cette même année 1834 : « Nous nous sommes toujours plus éloignés de la voie où Mozart est entré, pour le salut de notre musique dramatique ». Si, à côté de cela, on considère combien Wagner se préoccupa assidûment de Gluck, avec quel empressement il accueillit ce qu’il pouvait apprendre des maîtres, si estimés de lui, de l’ancienne école française : Cherubini, Méhul, Spontini, on comprendra tout ce qu’il y avait de largeur et de variété dans l’éducation dramatico-musicale du grand poète-musicien [1]. Nous ne pouvons déterminer bien exactement combien ces influences se faisaient sentir dans la Défense d’aimer, puisque nous n’en connaissons que quelques fragments. Dans les Fées, les musiciens de profession sont unanimes à reconnaître surtout l’influence de Weber. Je ne me risque pas à y contredire ; beaucoup, cependant me paraît

  1. Frédéric Pecht, qui rencontra Wagner vers 1839 nous dit de lui : « Sa familiarité avec toute la production musicale de tous les temps était, pour un aussi jeune homme, presque inconcevable. Il connaissait aussi bien les primitifs Italiens, comme Palestrina, Pergolèse, et d’autres, que les vieux allemands ; ce fut grâce à lui, d’ailleurs, que je me formai une conception sur Sebastien Bach ; déjà alors, il s’occupait sans cesse de Gluck ; le pittoresque de Haydn, le génie de Mozart, comme les influences néfastes de sa position à Salzbourg et à Vienne, les particularités des Français, de Lulli, de Boïeldieu, d’Auber, enfin l’art si merveilleusement populaire de son favori, Weber, et la hauteur dont Beethoven les domine tous, comme l’élégante musique de salon de Mendelssohn, il nous peignait tout, nous fredonnant des mélodies isolées de chacun d’eux avec une si grande vivacité, une telle force plastique, que ces maîtres nie sont restés dans l’esprit, jusqu’il ce jour, dans l’attitude où il les y a fixés » (Supplément à l’Allgemeine Zeitung du 22 mars 1883).