Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/158

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DE CHAMFORT. i/n

(lit le comte ? Si vous voulez, je me les ferai cou- per pour vous en faire une perruque. »

— Il n’y a pas maintenant en France un plus grand objet de politique étrangère, que la con- naissance parfaite de ce qui regarde l’Inde. C’est à cet objet que Brissot de Warville a consacré des années entières; et je lui ai entendu dire que M. de Vergennes était celui qui lui avait suscité le plus d’obstacles, pour le détourner de cette étude.

— On disait à J.-J. Rousseau, qui avait gagné plusieurs parties d’échecs au prince de (lonti, qu’il ne lui avait pas fait sa cour, et qu’il fallait lui en laisser gagner quelques-unes : « Comment ! dit-il, je lui donne la tour. »

— M... me disait que madame de Coislin, qui tâche d’être dévote, n’y parviendrait jamais, parce que, outre la sottise de croire, il fallait, pour faire son salut, un fond de bêtise quotidienne qui lui manquerait trop souvent ; « et c’est ce fonds, ajoutait -il, qu’on appelle la grâce. »

— Madame de Talmont, voyant M. de Riche- lieu, au lieu de s’occuper d’elle, faire sa cour à madame de Brionne, fort belle femme, mais qui n’avait pas la réputation d’avoir beaucoup d’es- prit, lui dit : « M. le maréchal, vous n’êtes point aveugle ; mais je vous crois un peu sourd. »

— L’abbé Delaville voulait engager à entrer dans la carrière politique M. de, homme mo- deste et honnête, qui doutait de sa capacité et qui