Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/260

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noncait quelque aisance. On eût dit que Paris allait être leur proie, dautant plus que, dans cette alarme universelle, on confondait les tentatives que faisait la liberté pour se procurer des armes, et les attentats que méditaient la licence et le brigandaie.

]\îais bientôt le besoin général rallia tous les amis de l’ordre. Les bourgeois s’armèrent ; le tocsin de chaque paroisse les appela dans leurs districts. Chaque district vota deux cents hommes pour sa défense. On en forme des compagnies; elles marchent sous des chefs nommés par elles, im magistrat, un marchand, un chevalier de Saint- Louis, un homme de lettres, un procureur, un acteur: tous sont égaux, citoyens, frères. Des cu- rés vénérables par leur âge et par leurs vertus marchent à la tète de leurs paroissiens armés, préchant ou ordonnant le calme et la paix. Les cohortes citoyennes se divisent selon le besoin ; elles prennent différens noms, Volontaires des Tuileries, du Palais-Rojal, etc. Les armes man- quaient, on en cherche. On se saisit de celles qui se trouvent chez les armuriers et les fourbisseurs : on expédie un reçu de ce qu’on emporte, qu’on promet de rendre, et que depuis on rendit en ef- fet. Point d’effraction, point de vol : tout se pas- sait en règle, autant que le permettait une né- cessité si instante. Cependant une portion du peuple, celle à qui le guet était odieux et suspect, le dépouille de ses armes et s’en empare. On court