Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/268

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dont le souvenir, presque perdu, a été comme englouti dans le torrent rajide des événemens qui se succédèrent d’heure en heure, dans cette semaine à jamais mémorable.

Le lundi i3 juillet, à deux heures du matin, pendant qu’à l’exh-émité de chaque faubourg les barrières incendiées fumaient encore, tandis que le plus grand nombre des citoyens, après avoir vu l’incendie éteint, se retiraient chez eux, des brigands (c’était le nom qu’ils se donnaient eux- mêmes, exemple imité deux ans après par les scélérats d’Avignon, qui ont surpassé les crimes de leurs devanciers), des brigands se rassemblèrent derrière le moulin des dames de Montmartre, et là tinrent conseil pour savoir par où ils commen- ceraient leurs forfaits, qu’ils appelaient leurs ex- ploits.

Les uns voulaient débuter par le prieuré de Saint-Martin, les autres par d’autres maisons reli- gieuses, lorsqu’un d’entre eux demande \2i prio- rité pour la maison de Saint-Lazare ; la .priorité, ce fut son terme: ces misérables se faisant un jeu d’imiter, dans leur conciliabule, les formes usi- tées dans les assemblées populaires, et d’en re- produire même les expressions. Cette motion contre Saint-Lazare ayant eu la majorité, un des membres fit ajouter, par amendement, disait-d, qu’après l’incendie de Saint-Lazare on procéderait à celui des maisons religieuses, et qu’ensuite on s’occuperait de toute maison réputée riche, sans II 17