Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/297

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286 OEUVRES

cqiceptions de Flesselles, comme à celles de quel- ques autres miuistres (i).

On fut bientôt à portée de s’apercevoir de ses intentions. Le comité permanent venait de se for- mer. «A qui prêterons-nous le sei ment ? demanda M. de Flesselles. — A l’assemblée des citoyens, s’é- cria l’un des électeurs, M. de Leustres. » Cette ré- ponse, accueillie par les applaudissemens de toute lasa’ile, éluda et prévint les suites de la question captieuse du magistrat. Ce nouveau serment pré- valut ; et ce premier hommage à la souveraineté nationale excita un enthousiasme qui ressemblait au délire.

Cependant le péril croissait, et le tumulte avec lui. Le tocsin de l’hôtel-de ville s’était joint à tous ceux de Paris. Les députés des districts arrivaient en foule pour demander des armes. On croyait que la ville avait un arsenal ; et cette idée accré- ditait des soupçons déjà répandus contre le pré- vôt des marchands. Lui-même les fortifiait, en paraissant prendre peu d’intérêt à leur impntience. Quelques citoyens étant accourus à lui, pour se plaindre qu’un convoi de poudre et de plomb eût été enlevé par des soldats campés aux environs de Paris, et n’obtenant pas son attention qu’ils s’at- tirèrent enfin par de sanglans reproches : « Eh

•(i) Croirait-on qu’un d’entre eux s’était persuadé qu’il était pos<ill)le de faire ouvrir les théâtres le mardi i4 juillet, et qu’il en avait donné l’ordre ?