Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/42

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point d’écrire à la vierge. Sa lettre fut mise dans le tronc de l’église Saint-Roch ; et la réponse à cette lettre fut faite par un prêtre de cette paroisse. Ce manège dura long-temps : le prêtre fut découvert et inquiété; mais on assoupit celte affaire.

— Un jeune homme avait offensé le complaisant d’un ministre. Un ami, témoin de la scène, lui dit, après le départ de l’offensé: «Apprenez qu’il vaudrait mieux avoir offensé le ministre même, que l’iiomme qui le suit dans sa garde-robe. »

— Une des maîtresses de M. le régent lui ayant parlé d’affaires dans un rendez-vous, il parut l’écouter avec attention : « Croyez-vous, lui répondit-il, que le chancelier soit une bonne jouissance ? »

— M. de, qui avait vécu avec des princesses, me disait : « Croyez-vous que M. de L.... ait madame de S...?» Je lui répondis : «Il n’en a pas même la prétention; il se donne pour ce qu’il est, pour un libertin, un homme qui aime les filles par-dessus tout. — Jeune homme, me répondit-il, n’en soyez pas la dupe ; c’est avec cela qu’on a des reines. »

— M. de Stainville, lieutenant-général, venait de faire enfermer sa femme. M. de Vaubecourt, maréchal de camp, sollicitait un ordre pour faire enfermer la sienne. Il venait d’obtenir l’ordre, et sortait de chez le ministre avec un air triomphant. M. de Stainville, qui crut qu’il venait