Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/429

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


/j I 8 (XUVRLS

n’est pas maître ? Pourquoi donc se hâter de le faire revivre et de redemander son héritage ?

Quoiqu’il en soit, les seigneurs et les barons du royavmie n’eurent pas plutôt appris cette nou- velle, qu’ils vinrent trouver Mainfroy, et le con- jurèrent de monter sur un trône où il était appelé par sa naissance, par ses exploits et par le testa- ment même de Frédéric. Il n’était ni du caractère ni de la politique du régent de les prendre au mot; il s’attendait à de nouvelles sollicitations encore plus pressantes des prélats et de la noblesse ; il les reçut avec complaisance, se fit représenter ses droits, raconter tous ses titres, et se laissa cou- ronner.

Elisabeth se repentit bientôt de sa fausse poli- tique et de ses timides précautions ; elle fit repa- raître son fils et redemanda son héritage au prince de Tarente. 11 n’étoit plus temps. Le régent crut pouvoir garder le royaume, par droit de conquête et d’élection. La reine alla porter ses plaintes au saint siège, oppresseur de sa maison.

Le pape, qui n’attendait qu’un murmure favo- rable pour se venger des mépris et de la valeur de Mainfroy, l’exconninmia et mit son royaume en interdit. Mais ce prince, dont ia famille semblait être vouée aux foudres de Rome, regardait l’ex- communication comme un héritage des prijices de sa maison ; il n’en fut pas effrayé.

Clément iv, alors possesseur du siège aposto- lique et héritier de l’ambition des papes, avait