Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/442

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Dr CllAMFORT. /j3l

velle élection, qu’il accusa de supercherie le nou- veau roi d’Aragon, et se crut trompé parce qui 1 n’était pas obéi. Jacques courut à Rome dissuader le pontife; et pour le convaincre de son innocence, il ordor.na à lous les Catalans et à ses Aragonois de sortir de Sicile. Blase d’Allagon se refusa à cet ordre dicté par la faiblesse, et parut à la tète d’une armée redoutable, croyant son maître trop puissant pour n’être pas légitime. Ce fut par un procédé aussi généreux que ce grand général fit un devoir aux principaux Aragonois de suivre son exemple.

Le peiqîle sicilien, préférant l’excommunica- tion à la tyrannie, jurait à son prince de lui con- server la couronne au prix de son sang; et Frédéric garda généreusement un royaume qu’il ne pou- vait céder sans ingratitude envers son peuple.

Le pape voyant que Charles, malgré ses vic- toires, désirait toujours la paix, et queFrédéric, malgré ses défaites, trouvait sans cesse dans l’a- mour de ses peuples des ressources inépuisables pour la guerre, craignit que l’accommodement ne se conclût sans sa participation. Il s’annonce alors en médiateur ; mais se faisant de ce titre même une arme nouvelle contre le roi de Sicile, et cherchant le moyen d’ébranler la fidélité de ses sujets, il envoie à Messine le chevalier Cala- mandra sur un vaisseau chargé de pardons et d’indulgences promises à la rébellion, ruse odieuse et inutile. L’amiral sicilien Loria refuse l’entrée