Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/63

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52 OEUVRES

— «Pour juger de ce que c’est que la noblesse, disait M..., il suffit d’observer que M. le prince de Turenne, actuellement vivant, est plus noble que M. de Turenne, et que le marquis de Laval est plus noble que le connétable de Montmorenci.

— M. de..., qui voyait la source de la dégrada- tion de l’espèce humaine, dans l’établissement de la secte nazaréenne et dans la féodalité, disait que, pour valoir quelque chose, il fallait se dé- franciser et se débaptiser, et devenir Grec ou Ro- main par l’âme.

. — Le roi de Prusse demandait à d’Alembert s’il avait vu le roi de France. « Oui, sire, dit celui-ci, en lui présentant mon discours de réception à l’aca- démie française. — Eh bien ! reprit le roi de Prusse, que vous a-t-il dit? — Il ne m’a pas parlé, sire. — A qui donc parle-t-il, poursuivit Frédéric ? »

— C’est un fait certain et connu des amis de M. d’Aiguillon, que le roi ne l’a jamais nommé ministre des affaires étrangères ; ce fut madame Dubarri qui lui dit : « Il faut cjue tout ceci finisse, et je veux que vous alliez demain matin remercier le roi de vous avoir nommé à la place.» Elle dit au roi : «M. d’Aiguillon ira demain vous remercier de sa nomination à la place de secrétaire d’état des affaires étrangères.» Le roi ne dit mot. M. d’Aiguil- lon n’osait pas y aller : madame Dubarri le lui or- donna ; il y alla. Le roi ne lui dit rien, et M. d’Ai- guillon entra en fonction sur-le-champ. »

— M. Amelot, ministre de Paris, homme ex-