Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t4.djvu/218

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que nous a\oiîs citée : « Voilà ton clemi-cent d'é- pingles de Paris . » c'est du comique bas ; « Je voudrais bien aussi te rendre ton potage » , est du comique grossier ; la paille rompue est un trait de génie.

Ces sortes de scènes sont comme des miroirs où la nature , ailleurs peinte avec le coloris de l'art , se répète dans toute sa simplicité.

Molière a tiré des contrastes encore plus forts du mélange des comiques. C'est ainsi que , dans le Festin de Pierre , il nous peint la crédulité de deux petites villageoises, leur facilité à se laisser sé- duire par un scélérat, dont la magnificence les éblouit. C'est ainsi que, dans \ff Bourgeois gentil- homme^ la grossièreté de Nicole jette un nouveau ridicule sur les prétentions impertinentes et l'éducation forcée de M. Jourdain. C'est ainsi que, dans V École des Femmes^ l'imbécillité d'Alain et de Georgette, nuancée avec l'ingénuité d'Agnès, concourt à faire réussir les entreprises de l'amant , et échouer les précautions du jaloux.

RIDICULE.

Lt. ridicule , dans le poème comique , est, se- lon Aristote , tout défaut qui cause difformité siuis douleur, et qui ne menace personne de des- truction , pas même celui en qui se trouve Ifi dé- faut : car, s'il menaçait tie destruction , il ne

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